• Patrimoine

    La Charte-loi de Bétissart (1411)

    « Des biensfais Jehan Séjourné »

    « Extraict d’un vieu livre »

    Les sceaux (1447-1617)

    Meuble aux armes de Jacques Séjournet (1649/1661)

    Diplôme de reconnaissance de noblesse (1816)

    Blason (1816)

    Diplôme de baron (1822)

    Blason (1822)

    Un "Livre de Raison" des SEJOURNET, notable lignée féodale du pays d’Ath (Léo Verriest, 1944)

    Généalogie de la famille de Séjournet de Rameignies (Baron Edgard Forgeur, 1976) (ult.)

    Livre de raison des Séjournet | tome 2 | FONDS DOCUMENTAIRE Édition | Eric de Séjournet © 2010-2017
  • La Charte-loi de Bétissart

    bétissart,charte-loi

    Berceau des Séjournet durant quatre générations, la seigneurie de Bétissart (Ormeignies) entra dans l’histoire du droit médiéval quand, le 15 novembre 1411, Jehan Séjournet (1) accorda la Charte-loi de Bétissart.


    Selon Maurice Van Haudenard, historien à Ath, la « famille Séjournet, de Valenciennes » avait acquis la terre de Bétissart « en 1394, de Moriel d’Astices, époux de Jenne de Hauscy, fille d’Alexandre et d’Isabeau de Lalaing » [HAU1921].

    La descendance de Jehan Séjournet (1) hérita Bétissart. Son fils Jehan (1.1), son petit-fils Jacques (1.1.4) et son arrière-petit-fils Joachim (1.1.4.6) en devinrent successivement le seigneur. Lorsqu’en 1502 fut établi un nouveau cartulaire des fiefs du Hainaut, Joachim Séjournet (1.1.4.6) donna le dénombrement de Bétissart, dont une copie existe à la Bibliothèque Royale, Manuscrit Goethals, n° 318. Joachim y déclare tenir de Guillaume de Croy, chevalier, seigneur de Chièvres « Ung fief liege, nommé la terre et seigneurie de Bétissart, se comprendant en une maison, motte, édifice, grange, estable, bassecourt, encloze, de fosséz, en cens, en rentes d'argent, d'avoine, de chappons, en dépouilles ... de bled, en terres ahanables, préz, bos, yauwes, pastures, gardin, en droits de terraiges courant sur plusieurs héritages en droit de meilleur catel, et en toutte justice et seigneurie haulte, moyenne et basse ». En 1504, Joachim Séjournet se dessaisit de Bétissart, qui comprenait huit arrières fiefs, au profit des Lhermitte [FOR1976].

    L’original de la Charte-loi de Bétissart (> Lire la suite) du 15 novembre 1411 fut perdu lors de « l'incendie du Dépôt des Archives de l'Etat à Mons, le 16 mai 1940 », écrit Daniel Leclercq, professeur d’histoire à l’Institut Provincial d’Ath. Maurice Van Haudenard, historien, avait heureusement copié le registre, intitulé "Registre des seigneurs justiciers qui ont demandé de nouvelles loix au chef-lieu de Mons de 1396 à 1426" [HAU1943]. On y trouvait notamment les "lois de chef-lieu" des seigneuries de Bétissart (fol. 36) et d'Ormeignies (fol. 65 v°).


    __________
    CHARTE-LOI | Une charte-loi est une sorte de contrat passé entre la population rurale et son seigneur, en fait la mise par écrit des droits et obligations de chacune des parties en cause, l'entérinement des coutumes. Ce texte essentiel dans la vie des hommes du Moyen âge réglait une série de situations extrêmement variées et souvent quotidiennes. Des articles traitent des querelles, plaintes, injures, témoignages. La protection de la propriété privée (champs, pâtures, bétail) ou publique était assurée notamment par des corvées pour remettre en état les chemins. La qualité du pain et de la viande était contrôlée. Les élections d'un garde-champêtre, d'un garde forestier, des percepteurs d'impôts (droit de terrage, droit de tonlieu) sont prévues. Les débits de boissons (vin, cervoise et autres breuvages) sont réglementes et taxés. On ne peut pas y jouer aux dés ni y tenir une maison de débauche. Les poids et mesures doivent être contrôlés à Mons où sont conduits en prison ceux qui injurient les échevins dans l'exercice de leur fonction (c'est le seul cas d'emprisonnement prévu par la charte-loi). Il est certain que ce genre de texte nous renseigne de façon plus ou moins précise sur le genre de vie de nos ancêtres, d'autant plus que les documents sont relativement rares à ce sujet (cf Wikipedia – Bétissart).

    [HAU1921]) - M. VAN HAUDENARD a consacré une petite étude sur la seigneurie de Bétissart en 1921 dans Terre wallonne, Tome IV, n°22, pp. 264-269. Les éléments essentiels de cette étude se retrouvent évidemment dans l'article qu'il consacre à Ormeignies en 1934 : M. VAN HAUDENARD, Le village d'Ormeignies et ses seigneuries dans La Vie wallonne, 14ème année, n11, 1934, pp.343-360. Il puise ses sources dans : F. HACHEZ, Séjours de Jehan Lhermite à Mons et au château de Bétissart, à Ormeignies en 1586 et 1602, dans A.C.A.M. Tome XIV, 1895, pp. 113-138

    [HAU1943] - M. VAN HAUDENARD, Chartes-lois accordées aux échevinages soumis au chef-lieu de Mons en Hainaut (1396-1445), dans Bulletin de commission royale d'histoire, CVIII, Bruxelles, 1943, pp 61 et suiv.

    [FOR1976] - FORGEUR, baron E., Généalogie de la famille de Séjournet de Rameignies, 1976, p. 41

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  • "Des biensfais Jehan Séjourné"

    Jehan Séjournet (1) entra dans les annales de la ville d’Ath pour avoir cédé gracieusement un terrain spacieux dans l’enceinte urbaine, sur lequel fut édifiée érigée, à partir de 1394, l'église paroissiale de Saint-Julien.

    « L’importance que les Athois attachèrent à la générosité de Jean I et la reconnaissance qu’on lui en garda, sont attestées par des poèmes, contemporains ou à peu près. L’un, qui exista aux Archives de l’Etat à Mons, a été publié (avec quelques erreurs de transcription, du reste) par Bertrand. L’autre figure dans l’étude consacrée jadis par Devillers à l’église Saint-Julien. Ce poème, qui me paraît dater de la fin du 15e ou du début du 16e siècle », écrit Léo Verriest, « se trouvait autrefois inscrit dans l’église St Julien » (DEV1865, p. 332-3).

    « Voici du premier, les strophes, en vers de 8 pieds assez bien cadencés, citant Jean Séjournet » (VER1943) :

    Ainsi de degré en degré
    A esté ce lieu ordonné,
    Où il a bel commencement.
    Et puis, de bonne volonté,
    Des biensfais Jehan Séjourné,
    Fu fait le Saint dédiement,
    En ung dimanche proprement,
    En l'an de Dieu omnipotent
    Mille quattre cens en vérité
    Et quinse. Là furent présent
    Sept jours en jullet justement.
    Mainte bonne gent assemblé.

    A ceste bénédixion,
    Estoient en dévotion,
    Ly confrère bon et certain
    Et le bon chastelain, de nom
    D'Escaussinnes, au cuer humain,
    Et en ce jour digne, et haultain,
    Fut mis en ce lieu souverain
    Jehan Séjournet, ce scet-on
    Devant le vestiare à plain
    Dieu l’oste de 1'estat mondain
    Pour mettre en sa colation ! »

    « Ainsi l'église dédyé
    Fut, du sentement de clergie,
    Par les biens dudit Séjourné,
    Et par tel manière bénie, » etc ... 

    Quant à l’autre poème, on y lit :

    "Le septiesme de jullet mil quatre cent et quinze
    Pour dédier ce lieu la journée en fut prinse
    Le jour du saint dimanche, ayant Jean Séjourné
    Pour ce digne subject de ses biens ordonné.
    Monseigneur Jean de Lens, de saincte vie et pure,
    Evesque de Cambray, en print la charge et cure,
    Y estant avec luy deux abbés très prudans,
    A scavoîr de Crespin et de Cambron, présens" 

    "Avant ce jour morut Monsieur Jean Séjourné
    Qui, pour ceste oeuvre, avoit de ses biens ordonné.
    Sa charité si franche et son coeur si aimable
    Donnent lieu à son nom d'un lot toujours durable.
    Dieu retira son âme hors d'un val terrien,
    Pour le faire jouyr de perdurable bien,
    Son corps estant gardé en la paroisse antique,
    Fu apporté ce jour en ce lieu sainctifique,
    Estant accompagné de plusieurs gens d'honneur
    Et de ceux sur lesquels, vivant, il fu seigneur.
    Ce corps fut inhumé près de la thrésorie
    Là où Dieu se plaist de veoir journellement
    Que plusieurs vont son nom louer ensamblement".

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  • Extraict d'un vieu livre

    Du 15ème au 20ème siècle, plusieurs auteurs se sont succédé pour écrire ou compléter le Livre de raison de la famille Séjournet. Léo Verriest, archiviste de la Ville d’Ath, étudia le manuscrit de 40 pages et publia en 1943 une étude intitulée « Un Livre de raison des SEJOURNET, notable lignée féodale du Pays d’Ath », laquelle parut dans les Annales du Cercle archéologique du canton de Soignies, tome IX.

    extraict d'un vieu livre,léo verriest 

    Première page du "Livre de raison ancien des Séjournet"
    Coll. famille de Séjournet

    Dans son introduction l’historien écrit : « Occupé à reprendre sur de nouvelles bases, à compléter et préciser l'histoire d'une petite ville hennuyère, Ath, dont le passé fut remarquable à bien des égards, j'ai été amené, tout naturellement, à m'intéresser à l'histoire des familles de cette ville, de celles notamment qui ont joué un rôle marquant dans la vie locale et régionale, soit qu'elles y aient constitué le ‘monde des affaires’ et tenu ainsi une place en vue dans la vie économique, soit qu'elles aient pu exercer une influence par le trucheman de fonctions publiques (…). Les archives du pays d'Ath recèlent bien des exemples de ces ascensions sociales (…) ; c'est le cas de la famille Séjournet, que concerne le ‘livre de raison’ publié ici-après. Appeler ce document ‘livre de raison’ n'est d'ailleurs pas tout-à-fait exact, car on n'y trouve rien qui concerne les biens de la famille dont il s'agit, mais seulement une sorte d'histoire généalogique, produit de notes successivement accumulées par des générations, depuis le XVe siècle jusqu'au début du XVIIIe ». 

    « Les Séjournet, notable famille médiévale, ont retenu mon attention depuis que j'ai pu utiliser à loisir - les précieuses archives de la ville du célèbre Goliath ; analysant et dépouillant complètement les ‘chirographes’ de ce dépôt, c'est-à-dire les actes privés d'échevinages remontant à 1400, ainsi qu'une partie de la documentation de la 2ème moitié du 14° siècle relative au pays d'Ath, je rencontrais à tout moment des représentants de marque de cette famille. Je ne pouvais donc manquer de m'informer de tout ce qui la concernait ».

    « Tel qu'il se présente à nous, le manuscrit du ‘Livre de raison’ paraît bien être constitué de trois parties successives. L'une, qui concerne l'extrême fin du 14eme siècle, le 15eme et le début du 16eme semble avoir eu pour dernier co-auteur, sinon même comme premier rassembleur de renseignements généalogiques, Joachim Séjournet (…). Dans le § relatif au baptême du 16ème et dernier enfant de celui-ci (Collinet Séjournes) il est dit, en effet, que Isabeau Séjournet, soeur du nouveau né, fut l'une des marraines ; or, le texte porte ‘Isabeau S., ma fille’. Joachim est mort le 24 mai 1527. On peut donc admettre comme étant de lui (seul ou non) les éléments généalogiques antérieurs à cette date ».

    « La 2e partie du livre, moins soignée que la première et où manquent certaines dates, concerne les trois derniers quarts du 16e siècle et presque tout le 17e. Elle apparaît bien comme un autre bloc de données, résultat de couches superposées, par les soins, sans doute, des aînés des générations successives ».

    « Les parties 1 et 2 réunies forment, comme il est dit au début du manuscrit, un ‘extraict d'un vieu livre’, copie faite à la fin du 17e siècle ».

    « Enfin, la suite est constituée d'une série d'additions au primitif ‘vieu livre’ et a été rédigée au fur et à mesure des naissances, mariages, ou décès des Séjournet et de leurs alliés. Les éléments de cette troisième partie, dont le plus récent est de 1731 ».

    Et Léo Verriest de se poser la question : « Quelle est la valeur documentaire de notre livre de raison ? D'une manière générale, j'estime qu'on peut la considérer comme très sérieuse, non seulement parce que des documents authentiques encore existants confirment bien des données du manuscrit, mais aussi parce qu'un indice précieux de l'exactitude des notes recueillies se découvre par le contrôle des éléments chronologiques (nombreux) où figurent à la fois, à côté des millésimes, les jours de la semaine, la date du mois, ou encore la date d'une fête religieuse. Ce contrôle m'a montré, en effet, que tous ces éléments sont rigoureusemerut exacts, sauf dans deux cas que voici : le 2e enfant de Joachim serait, d'après le manuscrit, né le mercredi 7 juin 1482, alors que le 7 fut un vendredi ; et le 12e enfant du même est dit avoir été baptisé le dimanche 17 septembre 1495, alors que cette date tomba un jeudi. Or, on peut admettre qu'il s'agit là de deux erreurs du transcripteur moderne du ‘vieu livre’, lequel, d'une part, aurait écrit mercredy au lieu de vendredy, et d'autre part aurait dû écrire XIII septembre au lieu de XVII ; confusion facile. Il est à remarquer, pour le surplus, que si le livre de raison est celui de gens qui étaient fiers de leur rang aristocratique, ses auteurs n'ont pas cherché à forcer la vérité en faisant état, à tout propos, de titres nobiliaires ou honorifiques (…). De même le livre n'a point caché que la mère de Jeanne de Montigny, épouse de Joachim susdit, était Isabelle bâtarde de Ligne ».

    Léo Verriest fait « deux constatations d'intérêt général démographique et social » :

    1) Jean I Séjournet, chef de la lignée, eut 8 enfants. Son fils, Jean II, en eut 15. Son petit-fils, Jacques, en procréa 16, et de même le fils (Joachim) de ce dernier. Dans chaque ménage, une seule mère mit au monde ces multiples enfants.

    2) Mais par ailleurs, on constate que des 15 enfants de Jean II dix moururent jeunes, soit deux entre 8 1/2 et 10 ans, et tous les autres à moins de 3 ans ; cinq des dix enfants défunts n'atteignirent pas 6 mois. De même Jacques (III) perdit 10 de ses 16 enfants, le plus privilégié n'ayant atteint que l'âge de 9 ans, tandis que cinq (au moins) n'atteignirent pas 8 mois. Quant à Joachim (IV), neuf de ses 16 enfants moururent en bas âge : un à 10 ans, un à 11, les 7 autres à moins de 2 1/2 ans. Constatations effarantes, alors qu'il s'agit de familles ayant vécu dans l'aisance ! »

    « De portée générale aussi est la constatation que révèle le manuscrit. (à côté de, multiples documents historiques) des rapports constants, familiaux, d'intérêts et d'affaires, qui unissaient les gens d'Ath et de la région, à ceux des autres villes du Hainaut ancien, et particulièrement de Valenciennes ; ainsi un enfant de Jean II, mort à 3 ans, est inhumé en cette ville, où sans doute ce Jean avait été prendre à femme Marguerite, fille de « seigneur Jean Parti ». Jacques, petit-fils du même Jean, meurt à Valenciennes, et là la 14e enfant de Jean va épouser Nicaise Causin. Jacques Séjournet (III) épouse la Valenciennoise Isabelle Saumon : leur 3e et leur 5e enfant meurent aux rives de l'Escaut, et tandis que les 8 premiers enfants de ce ménage naissent à Bétissart, les suivants (du 9e, né le 14 mai 1457, au 15e) voient le jour à Valenciennes, où Jacques se fit recevoir bourgeois à Pâques 1458 et où d'ailleurs il mourut vers la Noël 1487. Ajoutons encore qu'en 1495, un bourgeois de la même ville fut parrain d'un enfant de Joachim ». 

    « Que la famille Séjournet ait occupé un rang notable dans l'aristocratie du 15e siècle et de plus tard, les preuves en abondent dans le livre de raison. Ci une série d'exemples, parmi les plus anciens, qui attestent de belles alliances et de hautes relations :

    - Une fille de Jean (I) épouse un de Hembise, qualifié écuyer ;
    - L'Abbesse de Ghislenghien est marraine d'un enfant de Jean (II) ;
    - L'Abbé de Liessies tient sur les fonts un autre enfant du même ;
    - Sire Jean le Clerc, curé d'Ath, un autre encore ;
    - une fille du même épouse un bâtard de la Hamaide : elle habita Condé où sa dépouille mortelle fut déposée en la chapelle familiale des Hamaide ;
    - le châtelain d'Ath, Jean de Trazegnies, est parrain, en 1479, du premier enfant de Joachim (IV), et
    - !a femme du châtelain Robert de Melun, vicomtesse de Furnes, est marraine, en 1491, du 9e enfant du même ;
    - quant aux 7e, 8e, 11e, 12e, 13e et 16e enfants, ils sont tenus sur les fonts respectivement par Martin de Germés (importante famille Athoise), par le chevalier Jean de Harchies, par la fille du Sire de Ladeuze, épouse d'un Saint-Genois, par Messire Pierre de Marsigny, curé d'Ath, par Dom Compère, prévôt de Liessies et par Nicolas d'Assonleville, receveur général du Comté de Hainaut ».

    « Des Séjournet du moyen-âge, il apparaît bien d'ailleurs que c'est Joachim qui fut le plus huppé et le plus décoratif », y ajoute encore l'historien.

    « Pour le moment, demandons-nous où sa famille plongeait ses origines. Il est certain qu'elle était vraiment du terroir, car, ce n'est pas par hasard qu'à la fin du 13e siècle on trouve (1) la mention à Irchonwelz, d'une femme, Agniès li Sonjournée, qui était, avec ses trois fils et ses deux filles, sainteur (2) de N. D. de Ghislenghien. Et c'est encore dans le même village, véritablement coincé dans Ath, qu'on rencontre, en 1363-1364, le nom d'un Colart Séjournet, bourgeois forain d'Ath (3). Par contre, était Athois le Gérard Séjournet, qui, en 1384, poursuit le paiement d'une créance de 10 francs français, puis en 1388, le paiement de 50 francs. (4)

    Rappelons ici que nous n'avons pu, jusqu'à présent, depouiller méthodiquement qu'une partie des importantes archives Athoises de la 2° moitié du 14° siècle : ainsi, abordant maintenant ce qui concerne le chef de la lignée du ‘livre de raison’, Jean I, ne disposerons-nous, que d'éléments incomplets. Ces éléments n'apportent malheureusement aucun renseignement sur ce qui pourrait expliquer le rang social élevé auquel ce Jean a atteint dès avant la fin du siècle. Lui-même, ou l'un de ses ascendants, a-t-il rempli une fonction publique qui pût susciter un haussement social, comme ce fut le cas pour d'autres personnages ? (5) On ne sait. Ou bien, serait-ce que ces ascendants, ou l'un d'eux, eussent ou eût exercé une profession rémunératrice ? On inoline à croire à l'affirmative et à penser que les anilles (fers de moulin) qui constituent les armoiries des Séjournet rappellent des ancêtres meuniers. Meuniers peut-être de ces importants moulins d'Ath ‘à deux tournants’, qui, mûs par un des bras de la Dendre, alimentaient le ‘castrum’ et la villette depuis longtemps. (6)

    En tout cas, dès le moment où je relève les premières traces de notre Jean I, il apparaît comme un personnage riche, et l'on peut même se demander s'il n'était pas quelque peu manieur d'argent : voici, en effet, une série de mentions de lui, où on le voit s'adresser à la juridiction du châtelain d'Ath pour obtenir paiement de créances, qui, fait notable, sont presque toutes d'un import fort élevé par comparaison avec les demandes de la plupart des autres plaignants contemporains : en 1383-4, deux individus de Crespin (7) lui doivent 180 francs français, et un autre, de Stambruges, 5 francs ; en 1384-85, c'est 246 francs que lui doit Jean d'Aubecies ; en 1385-86, 3 livres sont réclamées à Jean le Maçon, de Tongre ; enfin, (1387) J. le Roy, de Robertsart, est poursuivi en paiement de 14 livres 13 sous.

    A cette époque, toutefois, Jean I n'était pas, juridiquement, bourgeois d'Ath (7), mais on peut croire qu'il ne tarda pas à le devenir, car il fut bientôt échevin de la ville.

    On sait, en tout cas, qu'au début de 1389, il était déjà marié à ‘Demoiselle Marghe de le Rosière’, cousine de Mahieu de le Rosière (8).

    A Ath, comme partout, il fallait, pour pouvoir devenir échevin, être possessionné sur le territoire du lieu, et l'on sait, au surplus, que dans nos villes du moyen-âge, les échevinages furent partout et restèrent longtemps de caractère aristocratique, voire ploutocratique : on peut donc, a priori, penser que les échevins d'Ath, du 14e et du 15e sicèle à tout le moins, étaient presque tous, sinon tous, recrutés parmi les gens du ‘haut du pavé’. Jean I Séjournet fut donc échevin et nous le trouvons comme tel, pour ce qui concerne la ville-seigneurie d'Ath proprement dite, depuis 1392 (9) jusqu'au moins le 23 novembre 1412. Cette vïlle-seigneurie d'Ath appartenait au Comte de Hainaut, mais il y avait aussi, parmi le vaste terroir d'Ath, - en sa partie rurale surtout (10) - d'autres seigneuries où notre Jean I fut également échevin, savoir la seigneurie du Vieux-Ath appartenant à l'abbaye de Liessies (mentions de 1400 à 1412 (29 mai) (11), la seigneurie de l'abbaye de S. Martin de Tournai à Brantignies, et celle die l'abbaye d'Ath au même lieu-dit (mentions du 29 janvier 1398 au 15 décembre 1412). Ajoutons qu'un chirographe de Mainvault (aujourd'hui détruit), du 4 juillet 1417, citait Jean I comme échevin du lieu (12). Il y était donc également possessionné, et il y a lieu de croire qu'il avait des biens dans de multiples villages voisirs d'Ath, Nous sommes donc en présence d'un riche propriétaire foncier, ce que voici amplement confirmé et précisé par les données provenant des chirographes Athois ».


    ∎ Extraict d'un vieu livre (Livre de raison ancien des Séjournet) (document

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    Livre de raison des Séjournet | tome 2 | FONDS DOCUMENTAIRE Édition | Eric de Séjournet © 2010-2017
  • Les sceaux

    L'écu des Séjournet, d'azur à trois anilles d'argent, est ancien. En tant que seigneurs ou hommes de fiefs, plusieurs Séjournet possédèrent leur sceau.

    La sigillographie ou étude des sceaux réalisée aux Archives communales d’Ath et aux Archives générales du Royaume par le Baron Edgard Forgeur [FOR1976] nous apprend que « Jehan Séjournés » (1), seigneur de Bétissart possédait déjà le sien en 1408 [RUZ, actes du 28 et 29 septembre 1408]. Il était en cire verte et ébréché. Sur la partie supérieure de l’écu, on pouvait apercevoir deux fers de moulin. Comme « lieutenant du châtelain d’Ath, il scella, le 29 septembre 1408, une lettre par laquelle il transmettait à tous les seigneurs, chevaliers et baillis, officiers et maires de la châtellenie d’Ath, l’ordre émané du Bailli du Hainaut, de partir avec les milices pour assiéger la ville de Thuin. A cette époque, la ville de Thuin faisait partie de la Principauté de Liège ». Ce sceau se trouvait aux Archives de l’Etat à Mons, trésorerie des comtes de Hainaut et fut détruit en mai 1940 [RUZ].

    L’arrière-petit-fils de Jehan l’aîné, Joachim Séjournet (1.1.4.6) (1452-1527) eut son sceau d’homme de fief sur lequel on distingue l’écu aux trois anilles de moulin, avec casque couronné, cimier à la tête d’aigle, entre un vol et la légende : Seel Joachim Séjournet [VER1943] [FOR1976, p. 41].

    Hormis celui de Joachim, la généalogie publiée par le Baron Edgard Forgeur reproduit douze autres sceaux (voir ci-après), dont trois furent utilisés par les ascendants des Séjournet contemporains, Franchois Séjournet (1.1.4.6.14) et Henri Séjournet (1.1.4.6.14.6.4).

    armorial

    31 août 1447 | Huart Séjournet (1.3). Sceau curieux, en assez bon état, représentant les trois anilles accompagnées, soit un besant, soit un annelet, posé au point du chef, comme brisure de cadet. L’écu est soutenu par derrière, par un buste de femme ; le tout est encadré par un triangle trilobé. Légende : Huart Séjournet, en lettres gothiques. [FOR1976, p. 9, sceau 1] 

    24 juillet 1448 | Arnou ou Ernoul Séjournet (1.4). Quoique ce sceau soit légèrement ébréché, l’on distingue très bien les trois anilles, accompagnées au point du chef, d’une étoile comme brisure de cadet. Casque de profil, non couronné, surmonté d’une tête et col d’aigle, entre un vol. Lambrequins. Légende : Arnou Séjournet. Ce sceau celle un acte de l’hôpital de la Madeleine. [FOR1976, p. 9, sceau 2] 

    28 octobre 1529 | Maître Jacques (1.1.4.12)(fils de Jacques et d’Isabiel Saumon). Fragment de sceau où l’on distingue deux anilles ; l’écu est accompagné d’une mitre avec crosse à dextre et épée à senestre. Légende : Mtre Jacques… Ce sceau scelle un acte de l’hôpital de la Madeleine. Selon Edgard Forgeur il s’agirait ici du sceau de Jacques Séjournet, prêtre et notaire apostolique [FOR1976, p. 9, sceau 3]

     

    armorial

     

    1483/1527 | Joachim Séjournet (1.1.4.6). Sceau d'homme de fief sur lequel on distingue l’écu aux trois anilles de moulin, avec casque couronné, cimier à la tête d’aigle, entre un vol et la légende : SEEL JOACHIM SEJOURNET. [VER1943] [FOR1976, p. 41]

    armorial

    1550 | Joachim … (1.1.4.6.14.1). Fragment de sceau, où l’on distingue bien, l’écu et les trois anilles. [FOR1976, p. 10, sceau 4]

    11 octobre 1552 | Joachim Séjournet (1.1.4.6.14.1). Beau sceau, où l’on distingue très bien l’écu aux trois anilles. Armes pleines. Heaume posé de fasce, sommé d’une couronne à trois fleurons et deux perles, chacune intercalée entre les fleurons. Tête et col d’aigle, entre un vol banneret. Lambrequins. Légende : Joachim Seiournet. [FOR1976, p. 10, sceau 5]

    24 octobre 1560 | Franchois Séjournet (1.1.4.6.14). Beau sceau. Ecu aux trois anilles, heaume couronné, de profil, tête d'aigle entre un vol banneret. Légende : Franchois Séjournet. Acte de l'hôpital de la Madeleine. [FOR1976, p. 10, sceau 6] 

    armorial

    2 octobre 1561 | Franchois Séjournet (1.1.4.6.14). Beau sceau. Ecu aux trois anilles, heaume couronné, de profil, tête d'aigle entre un vol banneret. Légende : Franchois Séjournet. Acte de l'hôpital de la Madeleine. [FOR1976, p. 10, sceau 7]

    4 mars 1571 | Martin Séjournet (1.4.1.1.1.3) (fils de Jehan, et de Claudine de Thézin). Fragment de sceau, où l’on distingue bien les trois anilles ; l’écu brisé d’une bordure en signe de cadet. Sans heaume ni autres ornements. [FOR1976, p. 10, sceau 8]

    25 avril 1574 | Martin Séjournet (1.4.1.1.1.3). Sceau ébréché vers le bas, plus complet que celui daté du 4 mars 1571. L’on distingue mieux les trois anilles, le heaume est posé de profil, non couronné, avec lambrequins. L’écu ressort en relief, grâce à la bordure en signe de cadet. Légende : S. Martin Séjournet. Acte de l’hôpital de la Madeleine. [FOR1976, p. 10, sceau 9]

     armorial

    23 novembre 1604 | Jacques Séjournet (1.1.4.6.14.6). Sceau montrant un écu écartelé ; aux 1 et 4 de … à trois anilles, et aux 2 et 3, burelé de … et de … douze pièces, qui est de Montigny. Heaume non couronné. Acte de l’hôpital de la Madeleine. [FOR1976, p. 11, sceau 10]

    17 septembre 1615 | Henri Séjournet (1.1.4.6.14.6.4). Sceau très abîmé dont il reste le fragment dextre où l'on peut tout juste lire « Henri »; une grande partie de ce sceau est masquée par le ruban le reliant à l’acte. Hôpital de la Madeleine. [FOR1976, p. 11, sceau 11]

    18 octobre 1617 | Jacques Séjournet (bailli de Ligne). Beau sceau aux trois anilles, avec comme brisure de cadet, une étoile à six rais posée entre les deux anilles, au point du chef. Casque de profil, couronné. La couronne est à trois fleurons, séparés par une perle haussée ; tête et col d’aigle, en partie masqués par le ruban ; vol banneret. Lambrequins. Légende : Jacques Séjournet. [FOR1976, p. 11, sceau 12]

    __________

    [FOR1976] - FORGEUR, baron E., Généalogie de la famille de Séjournet de Rameignies, 1976, p. 14 et 138
    [RUZ] - Fonds Ruzette, actes de 1408, 28 et 29 septembre
    [VER1943] - VERRIEST Léo, Un ‘Livre de Raison’ des Séjournet, notable lignée féodale du Pays d’Ath, Annales du Cercle archéologique du canton de Soignies, tome IX, 1943

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  • Meuble aux armes de Jacques Séjournet

    VIII | 1.1.4.6.14.1.4.2 | En 1649, Jacques Séjournet fut nommé 36eme Abbé de Cambron (1), par l'archiduc Léopold (Conseil d'Etat), et béni à Epinlieu, le 21 mars 1650. Il administra l'abbaye pendant douze années.

    Il porta les armes pleines des Séjournet, surmontées de la mitre et de la crosse, tournée vers l'extérieur.

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    après 1649 | Meuble (2) aux armes de Jacques Séjournet  
    et de l'abbaye Notre-Dame de Cambron (3) [FOR1976, p. 61]

    __________
    (1) abbaye cistercienne fondée en 1148 sur la Dendre orientale, à Cambron-Casteau, dans le Hainaut (Belgique). Elle fut supprimée en 1789.
    (2) meuble se trouvant au château d'Ecaussines-Lalaing
    (3) armes de l'Abbaye de Cambron Casteau : "Un écu représentant un arbre dont le tronc est plongé dans l'eau; trois poissons sont placés de chaque côté du tronc; le champ qui rappelle l'eau est d'argent; l'arbre de sinople; les poissons sont d'azur et le chef, qui forme l'air, est de gueules" [MON1876]

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  • Diplôme de reconnaissance de noblesse

    12 août 1816 | DIPLOME DE RECONNAISSANCE DE NOBLESSE PAR SA MAJESTÉ GUILLAUME Ier ROI DES PAYS-BAS

    Wy Willem, by de gratie Gods Koning der Nederlanden, Prins van Oranje-Nassau, Groot Hertog van Luxemburg, enz, enz, enz - Allen die dezen zullen zien of hooren lezen salut !

    Daar wy by ons besluit van den 13 february 1815 No 60 hebben goedgevonden en verstaan dat tot den Adelstand der Nederlanden gerekend zullen worden te behooren, zoo wel die genen die door Ons in de Ridderschappen of Edelen der respective Provincien benoemd en geadmitterd zyn, of verder tot op het inwerking komen der Reglementen, vermeld by Art. 131 der Grondwet benoemd en geadmitteerd worden zullen benevens hunne wettige afstammelingen - En wy by Ons besluit van den 12 Augustus 1816, no 32, in de Ridderschap der Provincie Henegouwen benoemden geadmitteerd hebben den Heer Alexandre, Louis, Joseph, de Séjournet de Rameignies - Zoo is het dat Wy welgemelden thans in de Ridderschap der Provincie van Henegouwen beschreven en geadmitterden Jonkheer Alexandre Louis Joseph de Séjournet de Rameignies en zyne wettige reeds geborene en toekomende kinderen zoo mannelyke als vrouwelyke mitsgaders alle volgende afstammelingen van zyn geslacht. Naam en wapen erkennen te behooren tot den Adelstand der Neder Landen met het Praedicaat van Jonkheer en Hoogwelgeboren, in alles met zulke regten en voorregten, als welke by S'Ryks wetten aan den Adel in het Koningryk der Neder Landen zyn of zullen worden toegekend - Terwyl wy mits dezen zyn wapen, zoo als het hier ter plaatse met zynen kleuren en metalen is afgemaald, erkennen te zyn, het adellyk wapen, hem en zyne descendenten eigen, hetzelve voor zoo verre het met opzicht tot den adelstand van dit Ryk zoude hunnen benoodigd zyn, als zoodanig conflrmerende by dezen - En ten einde de voorschreven Jonkheer Alexandre, Louis, Joseph de Séjournet de Rameignies en zyne wettige nakomelingen een steeds durend en byzonder bewys van voorschrevene Onze gunst zoude hebben en de voorregten aan den Adelstand der Nederlanden gehecht ongestoord erlangen. Zoo hebben Wy dezen openen Brief of acte van Bewys voor hem en zyne afstammelingen afgegeven met last aan gemelde Jonkheer Alexandre, Louis, Joseph de Séjournet de Rameignies om denzelven te doen registreren by Onze Hoogen Raad van Adel, en aldaat zyn Adellyk Wapen, onder de andere adellyke geslacht Wapenen der Nederlanden als zoodanig te doen stellen -

    Wy gelasten Onzen Hoogen Raad van Adel en ontbieden de Staten der byzondere Provincien van Ons Ryk, die van de Ridderschappen en Edelen in dezelve, den Hoogen Raad der Neder Landen alle Hoven van Justitie, en alle plaatselyke Regeringen, zoo in de steden, als ten platten Lande den gemelden Jonkheer Alexandre, Louis, Joseph de Séjournet de Rameignies en zyne wettige nakomelingen, niet alleen in al het voorschrevene te erkennen, maar is het nood, daar by te handhaven en te beschermen want Wy dit alles uit Onze vrye en Souvereine magt ten beste van het Ryk hebben bevonden alzoo te behooren - Ter bevestiging hebben Wy dezen met Onze Naamteekering bekrachtigd en doen contrasigneren door Onze Secretaris van Staat en verder doen bezegelen met Ons Groot-Zegel, dienende ter relatie van Onzen Hoogen Raad van Adel -

    Gegeven in S'Gravenhage den 12 Augustus 1816, het derde jaar Onzer Regering.

                                                                                                          Willem -

    Begezeld met het Groot Zegel                                                      Van Wege den Koning. 
    ter relatie van de Hoogen                                                                     J.M. Valcg
    Raad van Adel
    … L. d’Yvoy : 
    van … Presideerende

    Geregistreerd by my Secretaris                                                   Ontvangen by my Tresorier 
    van den Hoogen Raad van Adel                                               van den Hoogen Raad van Adel 
    de Wacker van Zon                                                           en door zyne Majesteit voor deze acte 
                                                                                                        bepaalde somma -
                                                                                                Jr van Westreenen van Tiellandt

    *
    *   *

    Traduction en langue française de ce diplôme

    Nous, Guillaume, par la Grâce de Dieu, Roi des Pays-Bas, Prince d'Orange-Nassau, Grand Duc de Luxembourg, etc., etc., etc. A tous ceux qui les présentent verront ou orront, Salut ! 

    Vu que par notre arrêté en date du 13 février 1815, n° 60, nous avons approuvé et admis que seront comptés comme appartenant à la noblesse des Pays-Bas tant ceux qui sont nommés et admis dans la Noblesse des provinces respectives, que ceux qui seront admis ou nommés ainsi que leurs descendants légitimes, en vertu de I'article 131 de la loi fondamentale; et que par notre arrêté en date du 12 août 1816, no 32, nous avons nommés et admis dans la noblesse de la province de Hainaut Messire Alexandre-Louis-Joseph de Séjournet de Rameignies, nous reconnaissons que le chevalier Alexandre-Louis de Séjournet de Rameignies susnommé déjà inscrit et admis dans la noblesse de la province de Hainaut, ses descendants nés et à naître, tant masculins que féminins, ainsi que les descendants ultérieurs de sa race, nom et armoiries appartiennent à la noblesse des Pays-Bas, portent le titre de Jonkheer et bien né, jouissent de tous les droits et privilèges reconnus ou à reconnaître à la noblesse des Pays-Bas, par les lois du Royaume. Alors que par la présente nous reconnaissons que ses armoiries pour lui et ses descendants sont telles qu'elles sont ici représentées avec leurs émaux et métaux, nous les confirmons comme telles pour autant que ce soit nécessaire pour la noblesse du Royaume. 

    Enfin, pour que le Jonkheer Alexandre-Louis-Joseph de Séjournet de Rameignies et ses descendants légitimes aient une preuve durable et particulière de notre volonté et jouissent pleinement des privilèges attachés à la noblesse des Pays-Bas, nous avons donné cette lettre ouverte ou acte de reconnaissance pour lui et ses descendants, à charge au Jonkheer Alexandre-Louis-Joseph de Séjournet de Rameignies de faire enregistrer la présente à notre Conseil supérieur de la Noblesse et d’y faire figurer ses armoiries parmi celles des autres familles nobles des Pays-Bas. 

    Nous chargeons notre Conseil supérieur de la Noblesse et prions les Etats des diverses provinces de notre royaume, ceux de la chevalerie et de la noblesse dans les mêmes, le Grand Conseil des Pays-Bas, toutes les Cours de Justice, tous les gouvernements locaux, tant dans les villes que dans le plat pays, non seulement de reconnaître tout ce qui est écrit ci-dessus, mais, s'il en était besoin, de le soutenir et protéger, car nous avons, par notre, libre et souveraine autorité trouvé bon d'en décider ainsi pour le bien du Royaume. 

    En témoignage, Nous avons signé la présente de notre nom, et fait contresigner par notre Secrétaire d'Etat, et fait sceller de notre grand sceau de notre Conseil supérieur de la Noblesse. 

    Donné à La Haye, le 12 août 1816, troisième année de notre règne. 

                                                                                                    (s) Willem.

     

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    [FOR1976] - FORGEUR, baron E., Généalogie de la famille de Séjournet de Rameignies, 1976

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  • Blason 1816

    128 de Séjournet de Rameignies - blason 1816.jpg

    12 août 1816 | Alexandre-Louis-Joseph Séjoumet (XI) obtint du roi Guillaume Ier des Pays-Bas, par arrêté royal donné à La Haye, reconnaissance de noblesse avec octroi de la particule et le prédicat de « Jonkheer et très noble », sous le nom de : de Séjournet de Rameignies. Le diplôme reproduit en couleur les trois anilles d’argent sur fond d’azur.

    __________
    [COO1981]- COOMANS de BRACHENE O., e.a. (éds), Etat Présent de la Noblesse belge, Bruxelles, 1981, p. 99
    [FOR1976] - FORGEUR, baron E., Généalogie de la famille de Séjournet de Rameignies, 1976, p. 14 et 138
    [JAN & DUE1992] - JANSSENS Paul et DUERLOO Luc, Armorial de la noblesse belge, du XVe au XXe siècle, Crédit Communal, Bruxelles 1992, N-Z p. 474
    [RYC & JON1957] - DE RYCKMAN DE BETZ, baron F., et DE JONGHE D’ARDOYE, vicomte F., Armorial général de la noblesse belge, Liège, 1957

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  • Diplôme de baron

    29 août 1822 | DIPLÔME DE BARON DE SÉJOURNET DE RAMEIGNIES (traduction en langue française)

    Nous Guillaume, par la Grâce de Dieu, Roi des Pays-Bas, Prince d’Orange Nassau, Grand Duc de Luxembourg, etc., etc., etc. A tous ceux qui les présentent verront ou orront, salut.

    Comme il ne peut que contribuer à la gloire de la Noblesse des Pays-Bas, que quelques personnes y appartenant, portent tels titres qui depuis des siècles ont été regardés comme une distinction honorifique, et qu'en outre Nous sommes disposés de reconnaître par une marque spéciale de notre Bienveillance les mérites de Jonkheer Alexandre-Joseph-Louis de Séjournet, appartenant à la chevalerie de la province du Hainaut, fils de Philippe-Joseph de Séjournet et de Marie-Anne-Joseph de Lecatoire. Il se fait que par les présentes, nous accordons au susdit Jonkheer Alexandre-Louis-Joseph de Séjournet le titre de Baron transmissible par lui et ses descendants mâles légitimes par ordre de primogéniture et avec le Prédicat de Jonkheer et Très Noble, et afin de jouir de tous les privilèges qui sont ou qui pourraient être attachés dans la suite au titre et conditions susdit, avec liberté de continuer à porter comme armoiries de sa famille, un écu d'azur chargé de trois fers à moulin d'argent, l'écu timbré de la couronne de baron néerlandais, surmonté d'un heaume d’argent couronné, grillé et liseré d'or, fourré de gueules, et pour cimier, un vol d'azur et d'argent, comme les armoiries ci décrites d'un aigle d’or couronné de même, langué de gueules et pour lambrequins d'azur et d'argent comme les armoiries ci décrites, sont représentées ici avec les émaux et les métaux, afin que le susdit Jonkheer Alexandre-Louis-Joseph, baron de Séjournet et ses descendants légitimes puissent jouir sans être inquiétés de cette faveur et des privilèges attachés à la Noblesse.

    Nous avons délivré cette lettre ouverte avec charge au susdit Jonkheer Alexandre-Louis-Joseph de Séjournet de la faire enregistrer auprès de Notre Grand Conseil de la Noblesse, et de faire ranger les armoiries de la famille de Séjournet, reconnues par les présentes, parmi celles des autres familles nobles des Pays-Bas, et aussi de faire connaître les présentes aux états de ... et de la chevalerie de la province où il prendra domicile.

    Nous prions Tous les Empereurs, Rois, Ducs, Princes, Comtes, Seigneurs et Républiques souveraines, et tous ceux qui pourraient avoir intérêts de reconnaître le même Jonkheer Alexandre-Louis-Joseph baron de Séjournet et ses descendants légitimes comme appartenant à la noblesse susdite et les faire jouir librement des privilèges y attachés.

    Nous chargeons particulièrement Notre Grand Conseil de Noblesse, et invitons les états des principales provinces de Notre Royaume, ceux des chevaliers et de la Noblesse dans les mêmes, le Grand Conseil des Pays-Bas, toutes les Cours de Justice et toutes les administrations locales, tant des villes que de la province, de reconnaître le nommé Jonkheer Alexandre-Louis-Joseph baron de Séjournet et ses descendants légitimes, non seulement dans tout ce qui est relaté ici plus haut, mais au besoin de veiller à son maintien et de la défendre. Car de notre libre et souveraine puissance Nous avons trouvé bon qu'il en fut ainsi pour le plus grand bien du Royaume et en Récompense de vertus et mérites.

    Pour ratification Nous avons apposé Notre signature sur les présentes et fait contresigner par Notre Conseil d'Etat, et fait sceller de notre Grand Sceau servant de rapport à Notre Grand Conseil de la Noblesse.

    Donné au château de Loo, le 29 août 1822, la 9e de Notre Règne.

    (signé) Willem.

    Scellé du Grand Sceau par rapport
    au Grand Conseil de la Noblesse
    J. C. van Lynden van (suite signature illisible)
    Enregistré par moi secrétaire du Grand
    Conseil de la Noblesse -                                                                Reçu pour le trésorier du 
    C. Chais.                                                                          Grand Conseil de la Noblesse les taxes
                                                                                           fixées pour la délivrance de ce diplôme
                                                                                           W. Baron van Westreenen van Tiellandt.

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    Source : [FOR1976] - FORGEUR, baron E., Généalogie de la famille de Séjournet de Rameignies, 1976

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  • Blason 1822

    29 avril 1822 | Par arrêté royal, donné au château de Loo par le roi Guillaume I des Pays-Bas, Alexandre de Séjournet de Rameignies obtint concession du titre de baron, transmissible par ordre de primogéniture masculine. Le diplôme décrit les armes : « van lazuur, beladen met drie molenijzers van zilver. Het schild gedekt met de Nederlandsche baronnenkroon, waarop eene helm van zilver, gekroond, geboord, getralied en gesierd van goud, gevoerd van keel, en tot helmteeken eene vlugt van lazuur en zilver, tusschen dewelke is geplaatst de kop en hals van eenen arend van goud, gekroond van hetzelvde, getongd van keel, voorts met zijne helmdekken van lazuur en zilver ». [JAN & DUE1992]. Traduction : « d'azur chargé de trois fers de moulin d’argent, l’écu timbré de la couronne de baron néerlandais, surmonté d’un heaume d’argent, couronné, grillé et liseré d’or, fourré de gueules, et pour cimier, un vol d’azur et d’argent, comme les armoiries ci décrites d’un aigle d’or couronné de même, langué de gueules et pour lambrequins d’azur et d’argent comme les armoiries ci décrites » [FOR1976]

     

    Blason LR 1822 de Séjournet de Rameignies.png

    La version de l’Armorial Général de la Noblesse Belge par le baron de Ryckman de Betz diffère quelque peu [RYC & JON1957] : « d’azur à trois anilles d'argent. L'écu sommé d'une couronne de baron, surmontée d'un heaume d'argent couronné, grillé, colleté et liseré d'or, doublé et attaché de gueules, aux lambrequins d'argent et d'azur. Cimier une tête et col d'aigle d'or couronnée, entre un vol alterné de vingt plumes d'azur et d'argent ».

    Quant à l’Etat Présent de la Noblesse belge [COO1981], il reprend la description comme suit : « d’azur à trois fers-de-moulin d’argent. Couronne de baron. Heaume d’argent couronné. Lambrequins d’argent et d’azur. Cimier : une tête-et-col d’aigle d’or, couronnée du même, entre un vol banneret, chaque aile mêlée de plumes d’azur et d’argent ».

    __________

    [COO1981]- COOMANS de BRACHENE O., e.a. (éds), Etat Présent de la Noblesse belge, Bruxelles, 1981, p. 99
    [FOR1976] - FORGEUR, baron E., Généalogie de la famille de Séjournet de Rameignies, 1976, p. 14 et 138
    [RYC & JON1957] - DE RYCKMAN DE BETZ, baron F., et DE JONGHE D’ARDOYE, vicomte F., Armorial général de la noblesse belge, Liège, 1957

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  • Un "Livre de Raison" des SEJOURNET, notable lignée féodale du pays d'Ath

    1944 - Un Livre de Raison des SEJOURNET de Léo Verriest (couverture).jpg

    1943/1944 | Un « Livre de Raison » des SEJOURNET,
    notable lignée féodale du pays d'Ath

    Léo Verriest scripsit, Président du Cercle Archéologique d'Ath (1)

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    (1) in Annales du Cercle Archéologique du Canton de Soignies | Impr. Leherte-Delcour à Renaix

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