Amédée de Séjournet de Rameignies (1855-1928)

XIV bis | 1.1.4.6.14.6.4.6.9.3.1.1.5.2 | Amédée-Victor-Joseph-Marie-Ghislain de Séjournet de Rameignies (jonkheer) (XIVbis), °château de Rameignies 30 décembre 1855, † Tournai 11 juin 1928, bourgmestre de Pipaix. Le 11 octobre 1885, il participe au Millénaire de Saint Badilon à Leuze, x Pipaix 2 mai 1882 Lucie-Valentine-Antonia-Marie-Josèphe-Ghislaine Fontaine de Ghélin, ° Gentbrugge 29 septembre 1861, † Toulouse (France) 28 janvier 1935, fille de Charles, éc., et d’Eudoxie Le Fevere de Tenhove. Armes : d'azur à la fasce d'argent, accompagnée en chef de trois têtes et cols de cerfs rangés d'or.

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Fernand et Amédée de Séjournet de Rameignies

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Amédée de Séjournet de Rameignies
coll. Mme Philippe-Edgar Detry

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2 mai 1882 | Mariage d'Amédée de Séjournet de Rameignies avec Lucie Fontaine de Ghélin.
L'utilisation du titre de 'baron' pour Amédée est dans ces faire-part de mariage erronée.
(collection Eric de Séjournet)

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Fontaine de Ghélin | Armes : d'azur à la fasce d'argent,
accompagnée en chef de trois têtes et cols de cerfs rangés d'or.

Le 11 octobre 1885, Amédée de Séjournet de Rameignies participe au Millénaire de Saint Badilon à Leuze. Dans l'article consacré à cette fête, paru dans 'Mémoires et publications de la société des sciences des arts et des lettres du Hainaut (années 1885-1887), il est qualifié erronément de 'baron'. Ce compte-rendu est à découvrir en cliquant sur 'Lire la suite' ci-dessous.

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Amédée de Séjournet de Rameignies
coll. Eric de Séjournet

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6 juillet 1906 | Cartes postales, représentant au verso le château de Ghyssegnies, 
écrite par Amédée de Séjournet de Rameignies, bourgmestre de Pipaix,
adressée à Madame Félix van de Kerchove, 
née Jeanne Stienon Du Pre
(1878-1965), époux de Félix van de Kerchove (1878-1956)

(collection Eric de Séjournet)

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Place de l'Eglise à Pipaix

Amédée est encore cité dans un article écrit par M. Mahieu et paru le 15 janvier 2014 dans la Revue du CHAL (Cercle d’Histoire et d’Archéologie de Leuze-en-Hainaut), N° 40, p.13 : « Il y a cent ans » [1908 : Baron Amédée de Séjournet, Grand concert, Belle fête à Vieux Leuze, Kermesse du hameau de Vieux Leuze, Kermesse du Fermont, Course cycliste, Dérivation du cours d'eau « Secours de la Dendre", Ducasse du Coron].

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ca 1950 | La Maison communale et la Grand'Place

Millénaire de Saint Badilon (1)

L'église de Leuze a le privilège de posséder depuis dix siècles un précieux trésor qui y a toujours été conservé avec vénération : les reliques d’un abbé de l’ordre des Bénédictins, saint Badilon, qui vécut et mourut à Leuze. Le millénaire de l'arrivée de ce saint en notre ville a été célébré le dimanche 11 octobre 1885 par le clergé et le peuple leuzois avec un élan unanime.

La fête comprenait deux parties : le matin, messe pontificale avec le concours de tous les anciens vicaires de la paroisse et sermon par Mgr Cartuyvels : l'après-midi, sortie d'un cortège religieux et historique.

Pour fêter dignement le patron de la ville de Leuze, la Commission organisatrice avait fait décorer avec splendeur l'église collégiale.

Les draperies qui descendaient de la voûte du temple, les trophées de drapeaux et les écussons armoriés, appendus aux colonnes, l'invocation (…) qui couronnait les riches tentures, le dais de velours cramoisi et or, dressé dans le choeur pour servir de trône épiscopal, la châsse du saint resplendissante de lumière sur son brillant piédestal, tout ce décor s'harmonisait admirablement avec les grandes lignes architecturales de l'église et produisait l'effet le plus empoignant. La messe pontificale fut chantée par W. du Rousseaux, évêque de Tournay. Rien de beau, rien de solennel, rien qui remue l’âme comme les cérémonies du culte catholique ! Tout ici contribuait à impressionner vivement l'immense assemblée qui remplissait notre édifice religieux : les rites si attrayants d'une messe pontificale, un nombreux clergé officiant avec son évêque, la belle messe de Bartholomeus et de Lahàche si bien interprétée par une phalange de chanteurs et d'instrumentistes d'élite de la ville, sous l'habile direction de M. Jules Becquereau, maître de chapelle de la collégiale de Leuze. Mais ce qui impressionna le plus, ce fut le panégyrique du saint, prononcé par Mgr. Cartuyvels. L'éminent vice-recteur de l'Université de Louvain a dit dans un magnifique langage ce que fut saint Badilon, cet humble religieux, plus illustre par ses vertus et ses bienfaits que par des actions éclatantes.

Il a dépeint ce qu'était au IXe siècle le monastère chrétien, asile de la foi, boulevard opposé aux dévastations des hordes normandes, refuge de la science et des beaux-arts.

A la gloire éphémère des puissants de la terre, laissant après elle dans l'histoire des traces bien fugitives, il a opposé la gloire immortelle des saints dont les reliques, précieusement conservées dans les chasses d'or, soulèvent encore pendant de longs siècles après leur mort l'enthousiasme et la vénération des peuples ! (…) Voilà pour la cérémonie religieuse du matin.

Passons maintenant au cortège.

Ici l'enthousiasme ne pouvait se maintenir à un diapason aussi élevé, rafraîchi qu'il était par des ondées incessantes. Depuis midi, toute la population consultait du regard le ciel chargé de gros nuages qui ne cessaient de se déverser sur la ville.

*La foule inquiète, semblait implorer saint Badilon. Peine inutile ! il resta sourd aux supplications. Il voulait, sans doute, tempérer la joie du matin par une épreuve en montrant qu'en ce monde il n'est point de bonheur sans nuages et que si les saints ont gagné le ciel c'est par les amertumes et les tribulations.

Vers doux heures, pourtant, il y eut une éclaircie et un cri universel de soulagement; les nuages s'étaient dissipés pour laisser percer un furtif rayon de soleil.

La satisfaction hélas! fut de courte durée. L'impitoyable pluie recommença. Cependant, s'armant de courage, les organisateurs de la fête tinrent conseil et dirent : les frais sont faits, la ville entière est décorée et pavoisée, une foule compacte attend dans la rue, marchons à travers tout !.... et le cortège se mit en marche.

Comment décrire ce cortège ? Jamais Leuze n'en vit de pareil.

Toute la cité, tout le canton y étaient représentés : vingt- quatre sociétés dont dix phalanges musicales, suivies d'autant de groupes divers défilaient sur un parcours étendu.

Un groupe représentant saint Badilon, seigneur d'Aquitaine, entouré des compagnons de sa jeunesse, formait la tête du cortège historique.

Quel charmant essaim et quels jolis costumes ! Ils étaient beaux à voir, tous ces enfants, avec leurs hauts-de-chausses et leurs tuniques aux couleurs vives et si harmonieusement variées !

Ici des hérauts d'armes en costumes du temps ; venait ensuite la belle et gracieuse comtesse de Roussillon, entourée de ses dames d'honneur dans leurs plus brillants atours ; plus loin, Gérard de Roussillon — représenté par le comte Philippe de Lannoy d'Anvaing — dans un costume tout chamarré d’or, couronne comtale en tête, suivi des comtes François de Lannoy, de Velaines, baron Amédée de Séjournet, de Pipaix, baron Paul Rotsart d'Houtaing, comte Edouard de Rouiliié, comtes Olivier et Gaston d'Hespel, vicomte Octave de Maulde, comtes Stanislas et Louis de Goussencourt, M. Edouard du Roy de Blicquy, M. Gusmar Van de Kerckhove (2), ses preux et fiers chevaliers.

Ces groupes, pour employer le langage de l’époque, étaient exclusivement composés de damoiseaux et damoiselles des principales familles nobles des environs.

Enfin était représentée rentrée de saint Badilon à Leuze, avec ses compagnons ainsi que lui, moines bénédictins, chevauchant sur leurs destriers, rôles remplis par MM. J.-B. Tetelain et E. Bouzin, de Beclers, Senelle, de Popuclles, Quittelier, de Montreuil-au-Bois, jeunes gens appartenant à des familles qui ont donné des religieux à l'ordre des Bénédictins et des prêtres au clergé séculier.

La partie religieuse était non moins remarquable. Nous citerons le gracieux groupe des bergères, celui non moins charmant figurant les mystères du Rosaire; le buste de saint Badilon, porté par deux gentils pages et entouré de nombreux enfants agitant des oriflammes; la Foi, l’Espérance et la Charité symbolisées par des jeunes filles aux riches et majestueuses parures ; sainte Marie-Madeleine représentée dans les phases principales de sa vie par trois jeunes Leuzoises dans une mise pleine de vérité ; la chasse de saint Badilon surmontée d'un dais magnifique et portée par des prêtres en dalmatique : des représentants de l'abbaye bénédictine de Maredsous, Mgr. Cartuyvels, vice-recteur de l'Université de Louvain, MM. les chanoines Delecueillerie , Dujardin et Dcrie; enfin le chef vénéré du diocèse avec la crosse et la mitre bénissant paternellement la foule nombreuse qui s'inclinait respectueusement sur son passage.

Une importante escorte d'honneur composée de jeunes Leuzois a cheval, fermait la marche.

Parmi les nombreux étrangers que cette fête avait attirés en notre ville, on remarquait les familles des comtes de Lannoy d'Anvaing et de Velaines: comte de Beaufort; baron du Sart de Bouland ; comte Nicolaï ; les comtes d'Oultremoiit de Morval et de la Cattoire; vicomte de Maulde : comte Visart ; baron de Séjournet de Kamegnies; les d'Anstaing; comte Léon de Borgrave: barons d'Espierre ; comtesse de la Barre d'Erquelines; les comtes d'Hespel; le comte de Rouillié; comte Stiénon, etc.

Malgré le mauvais temps, près de cinq mille coupons furent relevés à la gare de Leuze.

Le dimanche suivant 18 octobre 1885, sur la Grand'Place, à 4 heures, eut lieu ‘ascension d'un ballon ; à 4 heures et demie, un grand concert fut donné par l’harmonie de Leuze et par d'autres sociétés.

Immédiatement après, les musiques se rendirent en cortège à l'extrémité de la rue du Bois-Blanc où fut tiré un brillant feu d'artifice par M. Caes, artificier du roi. Le soir, il y eut retraite aux flambeaux et illumination générale '.

Ces fêtes laisseront un souvenir impérissable dans les an- nales de la ville de Leuze !

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(1) MEMOIRES ET PUBLICATIONS DE LA SOCIÉTÉ DES SCIENCES DES ARTS ET DES LETTRES DU HAINAUT, ANNÉES 1885-1887, p. 318 à 321, MONS

(2) Gusmar van de Kerchove, ° Tournai 7 décembre 1866, † Pottes 10 mars 1955, propriétaire du château du Quesnoy à Pottes (> Tome IV | Anne van de Kerchove)

Livre de raison des Séjournet | tome 2 | FONDS DOCUMENTAIRE Édition | Eric de Séjournet © 2010-2017

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